Un processus psychologique a son pendant biologique, et l’un est la traduction simultanée de l’autre sur des plans parallèles. Par exemple, la cellule a une fonction d’échange, elle maximise son utilité au sein d’un organe, elle doit avoir une membrane qui la protège et la défends. L’homme, s’il n’est pas utile, si il ne se protège pas assez face aux agressions, ou s’il subit un trop plein de pressions, d’exigences, face à ses ressources, développe une dépression. De même, une cellule inutile, vieillissante, ou n’assurant plus sa fonction, enclenche son phénomène d’apoptose, qui la détruit.

Un besoin de produire s’empare de l’homme qui s’ennuie, de l’homme inutile. SI il ne trouve aucun écho dans son travail, auprès de son entourage, il se met fatalement à produire dans le vide, de l’art, de la parole inutile, de l’amour sans destinataire, jusqu’à tant qu’il s’épuise, puis il se replie. La pulsion de vie aspire à donner davantage qu’à recevoir. Alors, elle a besoin de support, d’un environnement qui la favorise, qui la dirige, qui l’encourage, qui la désire.

Nous sommes des surfaces d’échange, et sans expression, sans production, sans utilité, nous n’évolueont pas et nous finissons par nous détruire, car la nature l’a voulu ainsi.

Aussi je crois profondément, que pour réduire les pathologies mentales, maximiser le bien-être physique et mental de nos congénères nous nous devons de les aider, non pas à survivre, mais à vivre, à les diriger vers des objectifs qui les oblige à s’adapter, à se donner, à se rendre productifs, pas à pas.

J’ai rencontré beaucoup de personnes déprimées. Si j’ai compris une chose c’est bien celle-ci, on aide pas quelqu’un qui se regarde dans la passivité à aller mieux en encourageant la satisfaction de ses besoins et envies immédiates. Pour évoluer, le vivant a besoin de s’adapter, et surtout, de servir. L’homme n’a pas besoin de valorisation pour elle-même, il a besoin de valorisation méritée, de se battre pour quelque chose. Si il est sa propre finalité, si ses envies sont sa propre finalité, alors il est malheureux. Il ne sera jamais son propre maître, mais il sera son propre esclave. Un homme a besoin, comme les cellules qui le composent, de participer à une grandeur qui le dépasse. Il grandit quand il diffère ses envies pour épouser un objectif plus lointain, plus grand, plus significatif. Cela légitime son existence. Il n’est d’ailleurs à ce propos pas étonnant que beaucoup tombent dans l’extrémisme dans la recherche désespérée d’une identité, sous l’hégémonie d’une autorité dorée.

Le travail sauve l’homme, et le chômage, s’il distille davantage de créativité, le fait par la force des choses, car l’homme se sentant inutile, cherche la satisfaction sur ses productions spontanées. Sans objectif, il exprime malgré lui, sa pulsion de vie, cherchant à tout prix à la rendre visible.

Il n’est pas bon de trop aimer quelqu’un en l’entourant de satisfactions, ni de mépriser ses objectifs, car aussi petits soient-ils, aussi sensibles semblent-ils, ils sont l’expression de sa pulsion de vie. Le tout est de rendre la pulsion exprimable, de rendre la promesse possible. La traduction entre la pensée de l’homme et sa réalisation concrète est, je le crois, le secret de l’épanouissement. Pouvoir lier ses pensées à son action, et ce de manière régulière. Trop de psychotiques et de névrosés, ont opéré une dissension entre leurs fantasmes et la réalité, leur pulsions ne trouvant pas de réceptacles, ou trop vite satisfaites. Parfois à l’inverse, les exigences de la réalité leur ont semblé inatteignables ou méprisables. L’épanouissement personnel se fait dans cet accord, entre les espoirs adaptés, et la production effective. A ce propos, de nombreux psychologues ont traduit l’intelligence comme le résultat et le prédicteur de l’adaptation réussie à un environnement.

Sans production, on vit dans ses rêves, car le désir de donner, de produire, est propre à la pulsion de vie, et il ne cessera jamais d’exister, tant que l’homme se réveille le matin. Alors il trouve les formes qu’il peut, il donne dans ses fantasmes, ou cherche à éteindre, par les substances, les idées noires, quand il erre, frustré et lâche de ne pas avoir réussi à trouver un socle. La pulsion de mort prends alors le relai.

Je crois que fondamentalement, nous sommes des surfaces d’échange, et nous avons besoin de faire des efforts pour produire, autrement nous mourrons psychiquement, malgré la solidité du corps

La flemme est associée à la pression entre la hauteur des exigences (réelles ou imposées) et les ressources (réelles ou perçues). Deux cas de figures, soit les premières sont trop élevées pour les deuxièmes, et le sentiment d’impuissance s’impose à l’esprit, soit les premières sont inexistantes, et alors le coeur de l’homme ne sait plus pourquoi, pour qui, ou comment battre.

Un homme heureux est un homme actif, occupé dans l’exercice de sa volonté.

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